Le Hamas, le Hezbollah et les Frères musulmans : Pour ou contre la paix des ménages ?

Ou comment expliquer à vos amis de gauche que ces organisations font aussi dans le social (et un peu dans le plastique).

(Avertissement de la rédaction : Ce texte est entièrement inspiré des réquisitoires de Pierre Desproges dans Le Tribunal des flagrants délires. Toute ressemblance avec une réflexion mesurée serait purement fortuite et passible de poursuites devant un jury de mauvaise foi.)

Silence dans la salle ! On se tait ou je fais vider les travées par les services d’ordre, lesquels, à en juger par la mine défaite des prévenus, ont déjà fait le plus gros du travail en amont.

Monsieur le Président, mesdames et messieurs les jurés, mes chers prédateurs de l’actualité internationale,

Nous y voilà. Le grand, l’indispensable, l’éternel débat de salons mondains où l’on discute de géopolitique géante entre deux bouchées de canapés au saumon. Aujourd’hui, on nous demande de nous prononcer sur une question d’une haute teneur intellectuelle, une de ces énigmes métaphysiques qui font trembler les démocraties occidentales sur leur base en kit : Le Hamas, le Hezbollah et les Frères musulmans sont-ils des entités terroristes ?

Mais quelle audace ! Quelle finesse d’esprit ! C’est un peu comme se demander si un requin blanc qui vous sourit amicalement avec ses trente-six rangées de dents est un fervent adepte du yoga et de la communication bienveillante.

Examinons les faits, puisque la justice, cette grande aveugle qui louche un peu quand même, l’exige.

Le Hamas : La politique de la chaise vide, version explosifs

Commençons par le Hamas. Ah, le Hamas ! Les gens simples, ceux qui lisent les notices de montage IKEA sans pleurer, s’imaginent naïvement que ce mouvement palestinien se résume à une association caritative un brin turbulente, spécialisée dans la distribution de soupe populaire et de feux d’artifice nocturnes au-dessus des kibboutzim.

Mais non, voyons ! Le Hamas, ce n’est avant tout qu’un projet humanitaire audacieux. C’est l’art subtil de réinventer l’urbanisme de Gaza en y creusant des kilomètres de tunnels souterrains. De grands ingénieurs, visionnaires, qui se disent que la surface de la terre est décidément beaucoup trop encombrée par les arbres, les écoles et les hôpitaux. Alors, ils déplacent tout en sous-sol. C’est éco-responsable, ça ne gâche pas la vue, et quand ça explose, c’est au nom d’un idéal tellement pur qu’on se demande pourquoi Amnesty International n’a pas encore pensé à leur décerner le prix Nobel de la maçonnerie lourde.

Terroristes ? Allons donc ! Ce sont tout au plus des intermittents du spectacle pyrotechnique qui manquent cruellement de sens civique et de tact lorsqu’il s’agit d’envoyer des invitations de mariage à leurs voisins.

Mais ne croyez pas, mesdames et messieurs, que cette charmante petite assemblée de doux rêveurs armés n’intéresse que les pyromanes locaux. Non, non. Le cercle de leurs admirateurs est beaucoup plus large.

Regardez donc un peu qui s’y colle : Les Européens, les Américains, le Canada, et depuis peu la Suisse elle-même, qui s’était pourtant fait une spécialité historique de ne fâcher personne, pas même un serial killer en goguette avec un compte en banque anonyme. C’est dire ! Parce que, convenons-en, quand la Suisse prend position, mesdames et messieurs, c’est qu’il y a vraiment eu un problème. On frôle le drame diplomatique : le banquier helvète a dû froncer les sourcils, ce qui, à Genève, équivaut à un bombardement au napalm.

Le Hezbollah : Le parti de Dieu et des petits cadeaux

Continuons notre promenade de santé avec le Hezbollah libanais. Le « Parti de Dieu ». Remarquez, c’est déjà une marque déposée formidable. Quand vous appelez votre entreprise « Le Parti de Dieu », vous posez des bases de discussion saines : soit vous êtes d’accord, soit vous avez un léger désaccord théologique qui se règle généralement par l’envoi massif de roquettes dans votre salon.

Le Hezbollah, c’est la structure administrative idéale. Ils ont un bras politique, un bras social, et une infinité de bras armés qui poussent un peu partout comme du chiendent. C’est un État dans l’État, voire au-dessus de l’État, qui gère le Liban avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine iranienne.

Leurs détracteurs affirment, le cœur brisé et l’œil humide, qu’ils sèment la terreur. Mais c’est faux ! Ils sèment la joie, l’amour et la brique réfractaire. Quand ils décident unilatéralement d’ouvrir un « front de soutien » sur la frontière nord d’Israël, c’est par pure empathie, pour que les habitants de Tibériade ne se sentent pas trop seuls le soir en regardant la télévision. C’est de l’humanitaire à impulsions multiples.

Les Frères musulmans : Le club de lecture et de subversion

Et enfin, terminons par les Frères musulmans. Eux, c’est la grande classe internationale. Ce sont les papas, les grands-pères, les inventeurs de la franchise islamiste globale. Les Frères musulmans, c’est le grand magasin de l’idéologie rigoriste : il y en a pour tous les goûts, de la cellule clandestine au parti politique légal, du prêche à la mosquée au coup d’État en douce.

Eux, voyez-vous, ne font pas dans la dentelle ni dans la dynamite artisanale. Non, ils préfèrent la méthode douce, le slow burn, l’infiltration des consciences. Ce sont les jésuites du Califat. Quand on leur demande s’ils pratiquent le terrorisme, ils lèvent les yeux au ciel avec un air de sainte nitouche en expliquant qu’ils condamnent la violence « en principe », tout en oubliant malencontreusement de préciser que le principe en question ne s’applique jamais aux fins de semaine.

Ce sont des modérés, oui, tout à fait. Des modérés qui portent une cravate et qui rêvent de vous imposer un code vestimentaire et moral du VIIe siècle, mais avec le sourire d’un cadre supérieur en séminaire de cohésion d’équipe.

Le verdict du tribunal

Alors, Monsieur le Président, pour répondre à cette question cornélienne : sont-ils des entités terroristes ?

Mais enfin, quelle question saugrenue ! C’est un pléonasme. Demander si le Hamas, le Hezbollah et les Frères musulmans sont des terroristes, c’est comme se demander si l’eau mouille, si le feu brûle, ou si Éric Zemmour a des avis tranchés sur la gastronomie andalouse.

À mes yeux, et du haut de ma toge étincelante de probité, la réponse éclate avec la force d’une grenade dégoupillée dans un jeu de quilles : bien sûr qu’ils le sont ! Et si d’aventure quelques âmes sensibles, écloses de la dernière pluie et nourries au tofu humanitaire, venaient s’égosiller dans les commentaires pour nous expliquer le cœur lourd que « la situation est complexe » et qu’il ne faut pas « stigmatiser les dynamiteries indépendantes », rassurez-vous : nous leur enverrons une carte postale depuis l’enfer. C’est tellement plus chic d’y brûler entre gens de mauvaise compagnie.

J’ai dit. Que l’on amène les chamallows, puisque de toute façon, tout le monde est en train de rôtir.